VI. Conclusion et Perspectives.



Les membranes biologiques sont cependant bien loin de consister en de simples mélanges de lipides. L'exemple du globule rouge peut nous donner une idée du chemin qu'il reste à parcourir: sa membrane comporte, outre une bicouche lipidique, une sorte de filet de pêcheur constitué par un réseau de protéines (spectrine) ancrées dans cette bicouche par d'autres protéines (actine, ankyrine). Cette structure supplémentaire confère aux globules rouges leur extrême résistance aux cisaillements qu'ils sont obligés de subir dans les capillaires sanguins où ils se faufilent. Cette résistance peut d'ailleurs être mesurée par la méthode d'aspiration par micropipette que nous avons déjà décrite. Malgré tout, ce squelette protéique ne change pas les autres propriétés élastiques de la membrane, dont nous avons parlé jusqu'à présent: notamment, il intervient guère dans le phénomène de scintillement découvert par E. Browicz, il y a un siècle.


En fait, les physiciens ont déjà commencé à penser aux propriétés de vésicules possédant une structure interne proche. La prise en compte de degrés de liberté supplémentaires complique notablement l'analyse, qui utilise des techniques parmi les plus récentes de la physique moderne, comme le groupe de renormalisation ou les simulations numériques dites de Monte-Carlo. L'étude des vésicules "polymérisées", dans lesquelles on crée des liens chimiques entre les lipides constituant la membrane, a d'ores et déjà donné lieu à une riche moisson de résultats tant théoriques qu'expérimentaux que nous ne pouvons mentionner ici, faute de place. Assurément, la physique des membranes n'a pas encore livré tous ses secrets !


page réalisée par Xavier Michalet dernière révision: 16 septembre 1997